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Une bouillie de haricots rouges pour le Réveillon ?

décembre 31, 2025 · Culture coréenne
Winter in Korea, Red Lanterns in Korea

Que savez-vous du porridge de haricots rouges, ou « patjuk » ?

 

Préparé à partir de haricots rouges bouillis et ramollis, d’eau et de petites boulettes de riz gluant — parfois dégusté avec du miel — le patjuk est un plat d’hiver traditionnellement consommé lors du solstice d’hiver. En Corée, le solstice d’hiver, le jour le plus court de l’année, est appelé « Dongjinal ».

En 2015, Dongjinal était plus court de 5 heures et 12 minutes que le solstice d’été (le jour le plus long), célébré en juin. À partir de ce jour et jusqu’au mois de juin suivant, les journées rallongent progressivement. Le printemps est officiellement en route.

Manger du patjuk au solstice d’hiver est censé chasser la malchance et les mauvais esprits, et assurer la santé et le bonheur des membres de la famille pour les six mois à venir. Les haricots utilisés pour le patjuk consommé à cette occasion proviennent généralement de la récolte d’automne récente : c’est donc à la fois un plat rituel et un plat pratique.

Il existe de nombreuses versions expliquant l’origine de la croyance selon laquelle le patjuk porte chance, mais la plus répandue est liée à une figure mythologique chinoise appelée « Gong Gong ». Selon la légende, Gong Gong avait un fils maléfique qui détestait le porridge de haricots rouges, le patjuk. Après sa mort, ce fils serait devenu le « dieu des épidémies » et aurait commencé à infliger maladies et malheurs aux humains. La seule façon de protéger sa famille consistait à repousser cet esprit en mangeant son plat le plus détesté — le patjuk — le jour du solstice d’hiver.

En Chine, le rouge est aussi la couleur de la chance, ce qui explique pourquoi manger un patjuk d’un rouge profond était censé apporter fortune et prospérité.

 

Comment prépare-t-on le patjuk ?

Le patjuk est préparé en faisant d’abord bouillir les haricots rouges, puis en les écrasant et en les filtrant pour retirer les peaux. La pâte obtenue est ensuite bouillie avec du riz, avant d’y ajouter des boulettes de riz gluant appelées « saealsim » (qui signifie « œufs d’oiseau » en coréen). Parfois, on ajoute du miel pour un goût plus sucré. Autrefois, les familles se réunissaient pour préparer le patjuk ensemble, ce qui en faisait un moment collectif.

Aujourd’hui, le patjuk est pour beaucoup de Coréens un plat chargé de nostalgie, rappelant les hivers froids où il était consommé non seulement pour porter chance, mais aussi pour se nourrir et se réchauffer.

Pourquoi ne pas goûter au patjuk vous-même lors du solstice d’hiver cette année ? Le temple Jogyesa, à Jongno à Séoul, entre les stations Gwanghwamun et Anguk, sert gratuitement du patjuk aux visiteurs le 22 décembre.

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